Les jumeaux ont toujours quelque chose d’exceptionnel. Au-delà de la troublante ressemblance, ils sont souvent d’une sagace créativité. Au Togo chez les Ewé, peuplade du Sud, on distingue les jumeaux par Assou pour l’un et Sevi pour l’autre. Les plus célèbres de ces forces de la nature à Lomé, c’est le duo musical Assou & Sevi.
Les deux frères MODJRO partagent la même passion de la musique. Ils ont marqué la musique togolaise par trois albums tubesques, qui ont déclenché de terribles déhanchements dans les clubs à Lomé. C’est peu, de dire que Assou & Sevi ont apporté un sang neuf à la scène musicale au Togo.
Certes aujourd’hui, ils sont adulés et jouissent d’une grande notoriété. Cela n’a pas été facile pour eux de s’imposer dans ce milieu bien assez aléatoire. Ils ont cravaché dur avant d’être reconnus comme tels.
Leur histoire ressemble à celle de tous les gamins nés pas sous la bonne étoile. Au sein d’une famille très modeste ils voient le jour à Lomé un 5 Octobre. Leur scolarisation s’interrompt au décès de leur père. Ils sont confiés à leur tante, la grande sœur de leur mère, la fameuse « Nagan ». Ils partent donc en apprentissage d’ébénisterie.
La logique voudrait qu’ils ouvrent un atelier de fabrication de meubles. Mais ils cèdent à l’appel de la muse de la musique. Au lieu du bois ils prennent à cœur de polir, façonner, tourner, et créer des compositions délicates, mais tout aussi toniques pour raconter leur histoire, l’amour, la vie.
Pour se faire, ils squattent les clubs de jazz et se font la voix de récitals, en spectacles. De galères en désillusions, ils finissent par concrétiser leur rêve en 1997, par l’album Nagan. Une première galette marquée par différentes influences, zouk, makossa, les jumeaux y explorent surtout les folklores traditionnels du Togo.
Nagan, le titre album, une efficace composition zouk, rend un vibrant hommage à leur tante, une brave femme qui les a élevé avec amour. La recette paie, ils deviennent le chouchou de ces dames. Devia un autre extrait plus chaud remplit les pistes de danse des clubs. Enfin un tube togolais fait obstacle à l’invasion de la musique congolaise et ivoirienne à Lomé. Coup d’essai, coup de maître.