Togo : Une agence nationale pour contrer les faux médicaments

Inspecteurs de santé et pharmaciens togolais contrôlant des médicaments dans un entrepôt moderne à Lomé

Le Togo intensifie la lutte contre le marché illicite des médicaments en créant une Agence nationale de régulation pharmaceutique pour sécuriser la santé.

Un virage stratégique pour la sécurité sanitaire au Togo

Face à la menace grandissante des produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés, le Togo franchit un cap décisif. Le gouvernement a officiellement entériné la création de l’Agence nationale de réglementation pharmaceutique. Cette nouvelle institution, dotée d’une autonomie de gestion et de pouvoirs accrus, vise à verrouiller hermétiquement la chaîne d’approvisionnement des médicaments sur l’ensemble du territoire national, de Lomé jusqu’aux régions les plus reculées comme la Kara ou les Savanes.

Pendant des années, le marché informel de la santé a représenté un véritable casse-tête de santé publique. Dans les étals de certains marchés populaires de la capitale, notamment aux abords du Grand Marché ou à Akodésséwa, des produits douteux s’écoulent encore sous le manteau, mettant en péril la vie de milliers de citoyens. La naissance de cette agence marque la volonté ferme des autorités de mettre un terme à ce fléau dévastateur.

Les missions clés de la nouvelle structure de contrôle

L’agence ne se contentera pas d’exercer un contrôle administratif passif. Dotée d’outils scientifiques modernes et soutenue par les laboratoires d’analyses de référence du pays, elle assurera une surveillance rigoureuse sur toute la filière :

« La sécurité du médicament n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental pour chaque Togolais. L’installation de cette Agence nationale est le bouclier qui manquait à notre dispositif de santé publique », souligne un cadre du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Protéger le pouvoir d’achat et la santé des ménages

Au-delà de la dimension purement médicale, la prolifération des faux médicaments constitue un drame socio-économique majeur pour les familles togolaises. Acheter un médicament frelaté dans la rue coûte souvent moins cher au premier abord, mais débouche inévitablement sur des complications médicales graves nécessitant des hospitalisations coûteuses dans des centres hospitaliers universitaires comme le CHU Sylvanus Olympio ou le CHU Campus de Lomé.

En structurant fermement le secteur pharmaceutique, le Togo entend garantir l’accès à des molécules de qualité supérieure à des prix réglementés et accessibles. Cette initiative s’inscrit pleinement dans le programme d’Assurance Maladie Universelle (AMU) déployé par l’État pour garantir une couverture de santé équitable à toute la population.

Une dynamique régionale de régulation sanitaire

La création de cette agence résonne également avec les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des instances de la CEDEAO, qui préconisent une harmonisation des normes pharmaceutiques à l’échelle continentale. En se dotant d’un organe régulateur fort, le Togo se positionne comme un modèle de gouvernance sanitaire en Afrique de l’Ouest.

Les professionnels de santé, pharmaciens de l’Ordre national et biologistes de laboratoire saluent unanimement cette avancée tant attendue. Il reste désormais à concrétiser rapidement le calendrier de déploiement sur le terrain et à accentuer les campagnes de sensibilisation auprès des populations pour encourager le réflexe d’achat en pharmacie autorisée.

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