En Juin, Juillet et Août de chaque année, Lomé connaît une forte palpitation des activités commerciales. En ces mois de vacances, le désir de se procurer de l’argent anime toute la masse togolaise et devient une préoccupation première de la couche sociale scolarisée.
Le soucis de s’assurer la rentrée prochaine remue en effet les méninges et décor la capitale Togolaise d’énormes activités manuelles et lucratives. Les jeunes embrassent les métiers déjà existants, créent d’autres et ressuscitent ceux en voix de disparition à l’instar du métier des tisserands.
Au Togo ce métier est l’une des activités presque inexistantes. Abandonné pour sa complexité, l’archaïsme du dispositif de travail et d’autres particularités sociétales inhérentes à « la vie moderne » dictée par les civilisations occidentales, l’art de tisser les pagnes à partir du fil et du bois taillé intéresse néanmoins quelques jeunes. « Ici tout se fait à la main et rien à la machine. Ce qui me plait, c’est la rareté et l’authenticité des pagnes traditionnels que je fabrique.» avoue Mr Gérard NOVON.
De même, en fredonnant des chansons accompagnées du son donné par la manipulation des pirogues (matériel de travail), poursuit le tisserand, l’ensemble fait une musique qui suit le cours du travail et adoucit la fatigue. Il fait remarquer que par simple curiosité, le réflexe de tisserand peut être acquis et amélioré en suite par le pouvoir créatif dont fait preuve l’artisan. Ainsi ce dernier pourra confectionner plusieurs catégories de pagnes au grand bonheur de la chefferie traditionnelle africaine.
Grâce à quatre piquets , trois bambous dentelés et des fils fixés aux coupes de bois, les tisserands partent des échantillons de dessins pour former des bandes qu’ils racolent pour en faire des pagnes au bout d’un temps relatif à la complexité du dessin. Le cout du productif varie entre 50 et 120 milles francs pour les pagnes masculins, 30 à 80 milles pour l’agente féminine.
Des prix visiblement au dessus du niveau de vie d’un Togolais moyen à qui l’on reproche souvent de ne pas consommer « made in Togo ». Un paradoxe sur lequel Novon réplique : « les pagnes n’ont pas de prix standards. Nous déduisons les prix à l’issue des discussions avec le client ». Toute plate-forme traduisant un accès plus abordable aux produits artisanaux en direction des populations pourrait augmenter un peu plus leur curiosité naturelle pour la richesse du patrimoine togolais qui s’exprime déjà par le rapprochement es Touristes.
A Lomé, le « village artisanal » existe et explore ce patrimoine pour en ressortir les avantages concrets. En ce début du mois de Juillet le Génie créateur togolais est exposé à la foire artisanale d’Alger en Algérie.