La 9e édition du Festival international de danse Nïkaala a réuni à Lomé artistes, chorégraphes et professionnels autour de spectacles, masterclass, débats et performances. Placée sous le thème « L’Élan », l’édition 2026 a notamment interrogé la place des femmes dans la danse et les conditions nécessaires pour faire du métier de danseur une activité durable au Togo.
Six jours pour faire vivre la danse à Lomé
Ouvert le 1er septembre 2026 à Lomé, le Festival Nïkaala a consacré six jours à la création chorégraphique et aux échanges professionnels. Organisée par la Compagnie SIKOTA, cette neuvième édition a combiné spectacles, chorégraphies, masterclass, débats et performances collectives itinérantes.
Au-delà de la scène, le rendez-vous entend créer des espaces de transmission entre artistes et professionnels. Cette dimension est particulièrement importante dans un secteur où la formation, la diffusion des œuvres et l’accès à des débouchés réguliers restent des enjeux centraux.
À la tête de l’initiative, la danseuse et chorégraphe togolaise Germaine Sikota développe depuis plusieurs années des projets dédiés à la création chorégraphique et à la visibilité des femmes artistes. Son travail s’inscrit à la croisée de la danse contemporaine et des expressions traditionnelles togolaises.
« L’Élan », avec un accent particulier sur les femmes
Pour son édition 2026, Nïkaala a choisi le thème « L’Élan » et accordé une attention particulière à la danse au féminin. Le festival a notamment posé une question très concrète : est-il possible, aujourd’hui au Togo, de vivre durablement du métier de danseur ou de chorégraphe ?
Cette interrogation déplace le débat au-delà de la seule qualité artistique. Elle touche aussi à la formation, à la rémunération, à la production des spectacles, à leur circulation et à la structuration des carrières.
La démarche du festival rejoint également le parcours de Germaine Sikota sur d’autres scènes africaines. En juillet 2026, elle participait au Burkina Faso à une création chorégraphique avec Salamata Kobré autour de la place et des choix des femmes dans la société. La chorégraphe avait alors annoncé que le spectacle serait présenté à Lomé lors du Festival Nïkaala.
Un festival tourné vers les échanges internationaux
Nïkaala confirme aussi sa vocation internationale. Des compagnies et artistes étrangers font apparaître Lomé dans leurs calendriers professionnels, renforçant les passerelles entre la scène togolaise et d’autres circuits de danse contemporaine.
La Compagnie Carmen Chan, basée à Genève, indiquait ainsi des représentations au Festival Nïkaala les 2 et 3 septembre 2026.
Cette ouverture constitue un levier pour les artistes locaux : elle favorise les rencontres, le partage de méthodes de travail et, potentiellement, la circulation des créations au-delà des frontières togolaises.
La danse togolaise face au défi de la professionnalisation
L’un des apports de Nïkaala est de traiter la danse comme un véritable secteur professionnel. Créer une œuvre ne suffit pas : il faut également pouvoir la produire, la présenter au public, la diffuser et rémunérer celles et ceux qui la font vivre.
En mettant autour d’une même table artistes, mentors et professionnels, le festival contribue à nourrir cette réflexion. Pour la scène chorégraphique togolaise, l’enjeu est désormais de transformer l’énergie créative en trajectoires professionnelles plus solides et plus durables.
Après neuf éditions, Nïkaala s’affirme ainsi comme un espace où la danse n’est pas seulement montrée : elle est aussi enseignée, discutée et pensée comme un métier.
