Il est Griot, prophète, et il se réclame traditionnaliste. L’artiste de la chanson et plasticien Aké O’lokan, veut à travers ses chansons et son art redonner goût à la vie à tous ceux-là qui ont perdue de l’espoir. Si seulement cela lui est possible il changerait le monde par un coup de bâton magique afin que la misère s’éloigne à jamais de l’être humain. Mais malheureusement, il reconnait son impuissance devant la condition humaine, et se résigne. Allons à la découverte de cet artiste hors normes.
Qui est Aké O’lokan ?
Aké O’lokan, est artiste de la chanson togolaise, plasticien et écrivain indépendant. Un artiste qui accepte…tout quelques soit les conditions. Que ce soit le bien ou le mal, il faut l’accepter pour avoir un avenir meilleur. Aké O’lokan.
Aké O’lokan, qu’est-ce que cela veut dire ?
Aké, un nom propre à moi, O’lokan qui veut dire prêtre en Ifè, Dieu en Ebré chez les ivoiriens, le griot, l’annonciateur, le prophète, l’évangéliste. En fait, ça globalise un messager de la bonne nouvelle. Raison pour laquelle, dans mon art, je veux écrire ce qui doit être dans les intérêts de chaque personne. La tranquillité, l’humilité, la paix.
Vous avez choisi de faire de la chanson. Vous êtes aussi artiste plasticien. Dites-nous, comment est-ce que vous arrivez à communier ces deux arts, ces deux mondes en un seul ?
Comme ce vide de l’intérieur là, ce vide parental avec ces créations. J’ai une enfance malheureuse, j’ai eu une enfance de rue, sans éducation. Donc, c’est la rue qui te forme à peu près, avant que la chance ne te sourie. Il suffit de penser. Je me disais si moi aussi j’avais un père, il pourra me dire, Aké je vais t’accompagner à l’école, Aké, voilà ce que je peux faire pour toi. Mais comme il n’y a pas eu de père, je me refuge dans mon art. Je véhicule ce message là, par ce que je fais. Je crée mes œuvres par rapport à ce que je ressens. J’écris mes textes par rapport à ce que j’ai vécu, par rapport à ce que j’ai comme vision. Sur la vie d’Aké O’lokan….
Est-ce que cela veut dire que dans vos textes, vous ne parlez que de vous ?
Non, pas forcement ! Quand peut être Aké parlera de l’autre, Aké se voit dans le texte. Quand Aké parlera de lui, l’autre se voit dans le texte. Les artistes recueillent tout ce qui se passe autour d’eux pour pouvoir essayer d’aider les gens à s’accepter dans les conditions comme ce que j’avais dit précédemment, pour avoir un avenir meilleur.
Vous avez une œuvre titré « Somèlanyo ». Est-ce un album ou un single ?
Le morceau single qui est « Somélanyo », qui est l’album qui sera intitulé « Somélanyo ».
Pourquoi Somélanyo pour votre album ?
Somélanyo. Quand tu y crois. Quand tu acceptes, quand tu demandes, quand tu cherches, tu trouves. Dieu que nous adorons, ou ce à quoi nous croyons, ne nous laisse pas dans le vide. Il répond toujours à nos besoins. Même si l’échéance est un peu longue, on arrive toujours à parvenir à nos objectifs. Somelanyo pour tout le monde. Ce que tout le monde envisage. Un avenir meilleur, tranquille, même si ce n’est pas comblé d’immenses fortunes, cette richesse en soit est très importante.
Entre la musique et l’art plastique, entre ces deux mondes, lequel fait nourrir plus Aké O’lokan ?
Je vis des deux métiers, du moment où je peux exposer et vendre mes œuvres et l’album qui peut rapporter ce que nous voulons. On vit des deux.
Alors, est-ce que c’est la chanson qui prend le dessus sur l’art plastique, ou c’est le contraire ?
La musique peut prendre le dessus, parce que rentrer en studio durant des mois, préparer des textes, donner quelque chose de meilleur, ce n’est pas du tout facile. Mais néanmoins, je vis des deux.
Quelle est votre vision pour la musique togolaise ?
Que tout aille de plus en plus mieux pour la musique togolaise. Vu les conditions dans lesquelles les artistes vivaient, vu les conditions dans lesquelles nous sommes actuellement, on peut dire qu’il y a une certaine évolution. Mais on ne fait que demander aux autorités de plus investir dans ce domaine là. Aider les artistes à aller plus loin, aider les artistes à être au top, aider les artistes à vivre réellement de ce métier d’art. Parce que sans les artistes, je pense que ce monde serait un monde sans plaisir ou aveugle si je peux le dire ainsi.
Souvent les artistes togolais se plaignent du manque de subventions, de manager ou de producteurs. Vous Aké O’lokan, est-ce que vous avez un producteur derrière vous qui vous pousse à aller de l’avant ?
Non ! C’est l’auto production. On va commencer le boulot, et l’avenir nous donnera peut être la personne qui va nous aider à continuer le boulot. On ne va pas attendre forcément quelqu’un qui va nous donner un coup de main. Aké, je travaille, c’est une autoproduction, mais j’ai espoir. Il faut savoir donner quelque chose de concret.
Votre album Somelanyo va comporter combien de titres ? Et quels sont les messages que vous véhiculez à travers cet album ?
Somelanyo, 12 titres. Le message, prenez soin de vos foyers pour que les enfants aient un avenir meilleur qui est somelanyo. Atilakami qui dénonce les actes négatifs que nous posons autour de nous, quand tu fais du bien tu récoltes le bien, quand tu fais du mal tu récoles le mal. Il y a le foyer qui dit que, je te le promets chéri, que je te serai fidèle. Que je ne veux pas avoir une seconde femme pour que nos pensées diffèrent. En fait, ça réunit les éléments de la société.
Aké O’lokan, vous avez un look particulier, vous avez toujours le crâne rasé et vous laissez pousser votre barbe. Qu’est que cela traduit ?
Je suis africain. Il faut que par mes faits et gestes, qu’on sente réellement que je suis fier d’être africain. Je suis un gardien du temple au fait. Mon devoir, c’est de véhiculer les messages à travers nos accoutrements, à travers ce que nous faisons. Jusqu’à quand on sera fier de ce que nous sommes ? Jusqu’à quand, on sera fier de se dire, vraiment que je suis fier d’être africain ? Aké O’lokan à travers ses messages, à travers ses œuvres, à travers sa musique, il faut qu’on sente réellement qu’il est le gardien du temple.
Gardien du temple, est-ce que Aké Olokan est plus traditionniste que chrétien ?
Je suis plus traditionniste, si je peux le dire ainsi. Parce que je me dis, du moment où je suis attaché à la religion africaine, je crois à tout ce que ces religions disent, mais, je suis plus focalisé sur la religion africaine. Je me dis, cette religion africaine là, nous emporte au-delà, nous aide à réussir réellement notre vie. L’Afrique est dotée de cet esprit de l’humilité. Et cette humilité là, il faut peut être le voir au couvant chez les gens qui s’intéressent réellement à cette vision africaine là. Donc quand les chrétiens m’invitent j’y vais, quand les musulmans m’invitent j’y vais. Mais AkéOloukan est plus traditionnel.
Alors Aké O’lokan, est-ce que vous avez une famille ?
(Rires…) Oui Aké a une famille. Père de trois enfants à qui je m’attache beaucoup. Le seul refuge que j’ai, c’est ma famille. Aké a une famille, avec qui il partage, à qui il inculque, les vraies valeurs de l’être humain. L’honnêteté, la sagesse, l’humilité.
Si on demande à Aké O’lokan d’abandonner son métier d’artiste, est-ce que c’est trop demandé à Aké ?
L’art en général parle de l’âme en l’esprit. Je suis né artiste. Je n’y peux rien. Je ne peux rien faire d’autre. C’est mon seul refuge. C’est comme on dirait à Aké, cesse de vivre.
Aujourd’hui, Aké exerce la Musique et l’art plastique. Deux professions à la fois, est-ce qu’on peut dire que Aké est un génie ?
Je ne puis me prononcer. Seuls mes fans, seuls les gens qui voient ce que je fais, peuvent se dire réellement qui est Aké. Je ne peux pas me jeter des fleurs, mais je fais de mon mieux pour pouvoir satisfaire mes fans.
Est-ce que, en tant qu’artiste, il y a d’autres artistes que vous appréciez ?
J’écoute tout hein ! Tout. Tu sais, j’aime Julie Akofa Akoussa « Paix à son âme ». Dans notre nouvelle génération, j’aime tout. Parce que ce n’est pas du tout facile. Et j’encourage beaucoup nos aînés qui sont devant dans ce milieu. Aké aime tout. Sur le plan, peut être international, tout proche de nous, Richard Bona, j’aime bien ce qu’il fait. Il y a Abgoti Yawo qui est là, il y a King Mensah qui est là.
Dites-nous Aké, quel genre de musique faites-vous ?
Afro-beat plus la tradition. Je travaille avec All That Production, j’écoute beaucoup les musiques des différentes religions. C’est-à-dire, pour retrouver cette musique forte là, il faut les trouver dans des milieux un peu plus spirituels. Il y a des proverbes. Par exemple, on prend le cas de fa, dieu de la divination. Il y a des textes, des paroles, des proverbes, que Aké peut véhiculer, peut décortiquer, peut partager avec des gens. Donc, j’écoute beaucoup ce qui tire vers la tradition, Afrobeat, Bues, Jazz, j’écoute beaucoup ce genre de musique.
Votre premier album qui va sortir très bientôt, est-ce que vous l’avez conçu sur une dimension spirituelle à l’image de votre personne ?
La musique arrache les larmes aux yeux. Elle nous tranquillise. Elle partage nos peines ainsi que nos bonheurs. Donc toute musique est spirituelle. Je vais plutôt laisser mes fans, découvrir ce que j’ai à leur proposer dans deux mois.
Aké, pour terminer, quel serai votre message à l’endroit de nos lecteurs qui vont vous lire à travers ces lignes que nous allons poster sur www.tootogo.tv ?
Dans mon premier single je dis, prenez soin de vos foyers pour que les enfants aient un avenir meilleur. J’ai eu une enfance très difficile. Je ne voudrais pas des personnes abandonnent les enfants. Soutenez-nous. Répondez à mes invitations, lorsque je vous appellerai pour qu’on puisse se soutenir pour un Togo meilleur. Merci Yves, merci à tous les mélomanes, les animateurs, les promoteurs pour tout ce que nous faisons. Merci beaucoup.