Ce nom peut paraître étrange mais c’est le vrai nom de l’artiste sculpteur rencontré dans son atelier de travail à Kpalimé (Togo).
Anani Allah, puisqu’il s’agit de lui, est un sculpteur originaire de la grande ville de Kpalimé.
Dans son atelier de travail Anani ne sculpte pas comme les autres qui le font d’habitude à base d’un tronc d’arbre ou avec de l’argile ou encore du sable de mer mouillé.
Contrairement à ces sculpteurs, « Ana » comme le surnomme ses fans utilise des boîtes de conserve hors d’usage, des fers rouillés, des bidons d’huile, des chaussures méconnaissables et des vêtements usés pour extérioriser ses sentiments.
« Mes productions découlent de plusieurs thèmes à savoir l’amour, l’esclavage, la protection de l’environnement, la liberté d’expression, les violences, sur toutes ses formes, commises sur les femmes, d’une part, sur les enfants en général et sur les petites filles en particulier, d’autre part. Très souvent il m’arrive de dénoncer au travers de mes œuvres la prostitution, le trafic des enfants, le banditisme », a déclaré Anani.
Sur la question « pourquoi avoir choisi cette manière particulière de faire la sculpture ? », Anani a laissé entendre que c’est également une façon pour lui de se démarquer de ce que lui-même appelle « du déjà vu et connu ».
« Ce qui est évident est que dans le domaine des Arts, chaque artiste veut copier les règles standards. C’est ce qui fait qu’il y a trop de monotonie et de redondance. Moi, j’ai voulu par ce choix faire ressortir le style qui m’est propre. Au début, les gens me regardaient bizarre, mais cela ne m’a pas surtout découragé. J’ai continué et aujourd’hui je puis avouer qu’ils m’admirent », a expliqué Anani.
Et d’ajouter : « Le style c’est l’homme. Si tous les artistes sculpteurs veulent produire les mêmes choses, je me demande où se trouve encore le vrai sens du concept « création ». Seul ce sens peut guider les artistes à produire différemment ».
